Le système nerveux et les réflexes 3F
Ecouter le système nerveux et les réflexes 3F Fight-Flight-Freeze pour se reconnecter à sa sécurité intérieure.
I. Quand le corps parle, l’âme peut être entendue
Quand le corps parle, quelque chose de plus profond que le mental cherche souvent à être entendu. Le système nerveux autonome est le chef d’orchestre de notre équilibre, il régule l’énergie, les émotions, la digestion, le sommeil, et surtout notre capacité à nous sentir en sécurité, en nous mêmes et dans le lien.
La question de la sécurité
En continu, parfois en dessous du seuil de la conscience, il scanne l’environnement et répond à une question simple, suis je en sécurité ici et maintenant. Quand la réponse est oui, le corps s’ouvre, il respire, il récupère, il se relie. Quand la réponse est non, même de manière subtile, il active des réponses de survie automatiques.
C’est là que l’on retrouve ce qu’on appelle souvent les 3F, fight, flight, freeze. Plutôt que de les voir comme des “problèmes”, on peut les aborder comme des signaux intelligents, des messagers, ils indiquent un besoin de sécurité, une limite intérieure, ou une mémoire encore active.
Pourquoi ce sujet change la vie au quotidien ?
Pour éclairer cette carte, la théorie polyvagale met en avant le rôle du nerf vague et la notion d’états internes, sécurité et lien social, mobilisation, immobilisation. Cette lecture aide à comprendre pourquoi un déclencheur actuel peut réactiver une réaction ancienne, et comment revenir, pas à pas, vers la régulation.
II. Comprendre les 3F pour mieux se comprendre soi-même
Fight, quand le corps se défend
Le fight (combat) se manifeste par de l’irritation, de la colère, un besoin de contrôle ou de défense.
Flight, quand le corps cherche à fuir
Le flight (fuite) pousse à l’évitement, à la dispersion, au besoin de s’échapper physiquement ou émotionnellement.
Freeze, quand le corps se fige
Le freeze (figement) se traduit par un sentiment de blocage, d’engourdissement, de déconnexion ou d’impuissance.
Pourquoi ça se déclenche même quand “tout va bien”
Ces états apparaissent lorsque le système nerveux perçoit un danger, même si celui-ci n’est plus réellement présent. Une situation actuelle peut ainsi réactiver une mémoire ancienne, émotionnelle, corporelle, transgénérationnelle ou même karmique.
Le corps ne fait pas la différence entre le passé et le présent. Il réagit à ce qu’il reconnaît.
III. Le système nerveux autonome, sympathique et parasympathique
On parle souvent du système nerveux autonome comme d’un équilibre vivant entre deux grandes dynamiques.
Le système sympathique, mobilisation, action
Le système sympathique, mobilisation, prépare le corps à l’action. C’est lui qui soutient la réponse de fight ou de flight quand quelque chose est perçu comme menaçant.
Le système parasympathique, récupération, repos
Le système parasympathique, récupération, soutient le repos, la digestion, la réparation, l’apaisement, et la capacité à revenir au calme.
Le vrai objectif, la flexibilité nerveuse, pas le calme permanent
L’objectif n’est pas d’être “zen” en permanence. L’objectif est la flexibilité, pouvoir mobiliser de l’énergie quand c’est nécessaire, puis revenir à la régulation quand le danger est passé.
IV. Stephen Porges et la théorie polyvagale
Le Dr Stephen Porges, neuroscientifique, a développé la théorie polyvagale, un modèle très utilisé en approche du traumatisme et de la régulation émotionnelle.
Ce modèle propose une lecture plus fine du système parasympathique, en mettant en avant le rôle du nerf vague, et une idée clé, notre biologie est organisée autour de la recherche de sécurité, et cette sécurité se construit aussi dans le lien.
Neuroception, le radar interne de la sécurité
Stephen Porges a proposé le concept de neuroception, une évaluation automatique, inconsciente, qui scanne les signaux de sécurité ou de danger.
Le ton d’une voix, un regard, une posture, un timing, une ambiance, un souvenir, une odeur, un lieu, un message, une énergie relationnelle, peuvent suffire à déclencher une bascule d’état, sans que le mental sache l’expliquer.
C’est pour cela que l’on peut “savoir” rationnellement que tout va bien, tout en se sentant en alerte, tendu, vidé, ou figé.
V. Le nerf vague, ventral et dorsal, la carte des états
Le nerf vague est un lien majeur entre le cerveau, le cœur, les organes, la voix, la respiration, et nos états émotionnels.
Dans la lecture polyvagale, on distingue deux “modes” principaux.
Vagal ventral, sécurité, présence, lien social
Le vagal ventral, associé à un état de sécurité, de présence, d’ancrage, et de connexion. On peut respirer plus profondément, ressentir, penser plus clairement, être en relation, se laisser soutenir.
Vagal dorsal, immobilisation de protection, shutdown, dissociation, effondrement
Le vagal dorsal, associé à l’immobilisation de protection. Quand la menace est perçue comme trop grande, trop intense, ou inévitable, le système peut basculer vers un ralentissement, une fermeture, un retrait, un état de shutdown, figement, dissociation, effondrement, selon les personnes.
Mobilisation sympathique, fight et flight
Entre les deux, la mobilisation sympathique porte les réponses fight et flight.
Cette carte aide à comprendre quelque chose de très libérateur, je ne suis pas “trop”, ni “pas assez”, je suis dans un état nerveux, et un état, ça se régule.
VI. La corégulation, guérir aussi dans le lien
La corégulation, c’est la capacité de notre système nerveux à se stabiliser au contact d’un autre système nerveux qui offre des signaux de sécurité.
Signaux de sécurité, voix, regard, rythme, posture
Une présence stable, une voix posée, un regard doux, un rythme lent, un espace sécurisant, peuvent aider le corps à revenir vers le vagal ventral.
À l’inverse, une interaction tendue peut amplifier la dérégulation. Ce n’est pas une faute, c’est de la biologie relationnelle.
C’est une clé essentielle, surtout quand on a vécu des périodes d’insécurité, de stress chronique, ou des expériences où l’on a dû se débrouiller seul.
Exemples concrets de corégulation au quotidien
Avec une personne ressource
S’asseoir près d’une personne calme, ou marcher côte à côte sans obligation de parler, laisser la respiration ralentir, sentir que l’on n’est pas pressé, attendre que le corps redescende avant de chercher des solutions.
Par la voix, même à distance
Un message vocal posé, une conversation lente, une voix qui rassure, peuvent aider le système nerveux à revenir vers le vagal ventral, parce que la prosodie, le rythme, les silences, sont des signaux de sécurité.
Avec un animal
La présence d’un animal, sa chaleur, son rythme, le contact, peuvent soutenir la régulation, surtout si le corps a besoin d’un lien simple, non verbal.
Dans un cadre sécurisant
Un espace où l’on se sent accueilli, lumière douce, peu de stimulations, rythme respecté, contribue à la corégulation. Le cadre fait partie du soin, parce qu’il informe la neuroception.
En séance, avec un accompagnant
Une présence stable, un regard doux, une voix posée, un rythme lent, peuvent permettre au corps de quitter l’alerte ou le figement. On ne “convainc” pas le système nerveux, on lui montre, par l’expérience, qu’ici c’est suffisamment sûr pour relâcher.
Autorégulation, ce que je peux faire seul.e, pour soutenir mon système
L’autorégulation, c’est ce que je peux offrir à mon corps pour l’aider à revenir vers plus de sécurité, même en dehors du lien.
Micro signaux de sécurité
Sentir mes appuis, poser une main sur le cœur ou le ventre, regarder lentement autour de moi, nommer 3 choses que je vois, 2 choses que je touche, 1 chose que j’entends, pour rappeler au corps que je suis ici, maintenant.
Respiration et nerf vague
Allonger l’expiration sans effort, laisser sortir un soupir, ou faire du humming, un son doux et grave, la vibration aide souvent à réguler et à relâcher.
Mouvement et décharge
Marcher lentement, secouer doucement les mains, étirer la nuque, faire des micro mouvements, le corps sort mieux d’un état figé quand on l’invite à bouger petit à petit, sans forcer.
Parole intérieure et permission
Dire quelque chose de très simple, “là, je fais de mon mieux”, “je peux ralentir”, “je suis en sécurité maintenant”, pas comme une injonction, mais comme une permission.
Quand choisir la corégulation
Si je sens que je tourne en boucle, que je m’isole, que je me fige, ou que mon corps reste en alerte malgré les pratiques, alors la corégulation devient la voie la plus directe, demander une présence, appeler quelqu’un, ou me faire accompagner.
Corégulation et limites, se réguler sans se perdre
La corégulation n’est pas une dépendance, c’est une ressource. Elle devient plus saine quand elle est associée à des limites claires.
Choisir des personnes qui respectent ton rythme et ton espace
Éviter de te “forcer” à parler si ton corps n’est pas prêt
Nommer un besoin simple, j’ai juste besoin de présence, pas de conseil
Sortir d’une interaction si tu sens que ton corps se contracte davantage
Quand la corégulation est difficile
Si ton histoire a associé le lien à du danger, le système nerveux peut se méfier de la proximité. Dans ce cas, la corégulation se construit progressivement, d’abord par de petites doses de sécurité, et parfois avec un accompagnement qui offre un cadre stable et prévisible.
Fateh Ji, le Reflector Podcast
Pour aller plus loin, j’aime beaucoup l’approche de Fateh Ji dans le Reflector Podcast, qui relie système nerveux, sécurité, neuroception et bases de la théorie polyvagale.
En français, l’épisode #4 – « Soi instinctif, Neuroception et Régulation” approfondit la neuroception et la régulation, et l’épisode #7 – “Paysages du système nerveux” pose les bases polyvagales de manière accessible. My Podcast Data
Reflector Podcast, Fateh Ji, épisode #4. Soi instinctif : Neuroception & Régulation :
Reflector Podcast Français, Fateh Ji, épisode #7. Paysages du Système nerveux, bases de la théorie polyvagale :
Quand le corps demande à être accompagné plus en profondeur
Parfois, malgré ces pratiques, les réactions reviennent, s’intensifient ou s’installent dans la durée.
Cela signifie souvent que le système nerveux porte des mémoires plus profondes, qui demandent à être reconnues et libérées.
C’est dans ce cadre que les accompagnements proposés prennent tout leur sens.
Archives Akashiques, comprendre l’origine des schémas
Les lectures d’Archives Akashiques permettent de comprendre l’origine des schémas, d’identifier les mémoires actives et d’apporter de la clarté là où le mental ne comprend pas.
Light Language, régulation par la voix, le rythme, le système énergétique
Les soins Light Language agissent directement sur le système nerveux et le corps énergétique, en favorisant une détente profonde, une libération émotionnelle et un retour à la sécurité intérieure.
Soins mixtes, compréhension et libération
Les soins mixtes, enfin, combinent compréhension et libération, pour accompagner à la fois le conscient, l’inconscient et le corps dans un processus de régulation globale.
Ces approches n’ont pas pour but de forcer un changement, mais d’accompagner le corps là où il est prêt à lâcher, à son rythme, dans le respect de son intelligence naturelle.
Conclusion
✨ Les réactions du système nerveux ne sont jamais des erreurs.
✨ Elles sont des messagers précieux sur le chemin de l’équilibre.
✨ Lorsqu’elles sont écoutées, elles deviennent des portes de transformation.
Sources
Stephen Porges, Polyvagal Theory, présentation et concepts clés, Polyvagal Institute.
Stephen W. Porges, article de synthèse récent sur l’état et les applications cliniques de la théorie polyvagale, PubMed Central.
Système nerveux autonome, sympathique et parasympathique, notions de base, StatPearls, NCBI Bookshelf.
Reflector Podcast Français, playlist YouTube, Fateh Ji.
